Ambassadrices

Mot de Catherine Trudeau

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« Les entourer de beauté et de couleurs.

De quelques laideurs aussi, pour mieux les nommer, pour mieux les contrer ou vouloir les transformer en quelque chose de plus grand.

Les mettre face à leurs peurs, leurs craintes; de l’autre comme de l’impalpable.

Les mettre en contact avec la poésie des mots, le rythme du suspense, les quêtes de héros.

Face à des mots nouveaux ou des maux qui n’ont pas encore trouvé de sens chez eux. Tant mieux.

C’est là – et tant et plus – le rôle des livres auprès des enfants, de tous temps.

Là en quoi réside cette richesse de mettre dans les mains des jeunes, des plus petits aux plus grands, de l’écrit, des images qui elles aussi racontent des histoires.

 

 

crédit photo: Julie Artacho

Ce prix prestigieux, remis par les libraires, véritables passeurs de l’abondance littéraire, a plus que jamais sa raison d’être en ces temps de grands bouleversements, où l’on a parfois l’impression qu’on a de prise sur si peu.

Utilisons la littérature comme un ancrage, un point de départ, une bougie d’allumage.

C’est un honneur pour moi de représenter ce prix, de le faire rayonner.

Vous me rendez la tâche facile; libraires au flair aiguisé, illustrateurs et auteurs au talent éclatant.

Tous unis pour que soit célébrée la littérature jeunesse! »

 

Catherine Trudeau

 

 

Catherine Trudeau a gradué du Conservatoire d’art dramatique de Montréal en 1999. Depuis, on a pu la voir régulièrement au théâtre notamment dans L’hôtel du libre-échange, Le théâtre des opérations, C’est devenu gros, Le traitement, Oncle Vania, La mouette, La Cerisaie et tout récemment dans J’accuse. En 2003, elle remporte le prix Gascon-Roux du TNM pour la meilleure interprétation féminine avec le rôle de Viola dans la pièce La nuit des rois. Ce même travail lui vaut une nomination pour la meilleure interprétation féminine à la Soirée des masques. Les cinéphiles québécois découvrent les diverses facettes de son talent dans le court métrage La cérémonie, les films La loi du cochon, Séraphin : un homme et son péché, Idole instantanée, Aurore, Histoire de famille, Le grand départ et, plus récemment, dans le film André Mathieu : l’enfant prodige. Elle a été deux fois en nomination dans la catégorie meilleure actrice à la Soirée des Jutra pour ses performances dans les films L’ange de goudron et Le Survenant. À la télévision, elle a fait partie de la distribution des séries Mirador, 4 et demi, Tabou, Histoire de famille, François en série, La vie parfaite, Mémoire vive et des émissions jeunesse Réal TV et Il était une fois dans le trouble. En 2009 elle a remporté le Prix Gémeaux (meilleur rôle féminin dans une dramatique) pour son interprétation de Lyne-la-pas-fine de la série Les Invincibles et a été en nomination en 2010 (meilleur rôle de soutien dramatique ) pour son rôle de Chantal dans Mirador.

 

Mot de Fanny Mallette

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« Il m’arrive de rêver les yeux ouverts.

D’imaginer qu’un jour il sera possible de soigner par la littérature.

La haine, la bêtise, l’ignorance, les abus… « Tu détestes ? Tu juges ? T’as peur ? Tu

ressens le besoin d’éliminer celui qui est différent ? T’as envie de détruire ? D’écraser ?

D’humilier ? Tiens. Lis ça !  »

Puis…pouf ! Le coeur se desserre.

Si c’était si simple… On ne ferait que ça : lire, ou écrire.

Bien sûr que ce ne l’est pas. Je ne fais que rêver, ici. Mais on peut, je pense, avec des mots, des phrases, des paragraphes, créer des images assez fortes pour changer les heures.

Les heures de vie.

De quelqu’un.

La littérature, le cinéma, l’art en général.

Se confronter au regard de l’autre.

Se mesurer à l’autre.

À sa vision du monde.

À travers une histoire toute simple, une épopée, un poème de quatre mots, un phylactère ludique.

Finir un livre et avoir envie de faire un bébé.

Ou de prendre l’avion.

Ou de changer de job.

Ou rien.

Juste sourire.

Ou pleurer, enfin.

Je me plais à penser que le livre a son mot à dire dans l’ordre ou le désordre du monde.

Et que vous, chers libraires, vous vous retrouvez à être les passeurs de rêve, d’espoir, de réflexions, de recherche d’identité ou de réponses.

Je me plais à m’imaginer qu’on peut essayer de refaire le monde en jasant avec son libraire dans une petite librairie de quartier.

J’ai le droit de rêver un peu, je suis la porte-parole du Prix des libraires du Québec !

Merci de me donner à nouveau cette chance pour une 6e année, de parler de littérature et d’amour.

Je suis privilégiée de vous représenter. »

 

Fanny Mallette